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Trouvaille dans un conduit de cheminée.

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Trouvaille dans un conduit de cheminée.

Message  Invité le Ven 30 Nov - 21:04

Post trouvé par Laurent (Sgt Horvat) groupe Currahee :

Qui sait déchiffrer le code ? Depuis plusieurs semaines, des spécialistes du GCHQ, un service britannique de renseignement électronique, s'échinent à décrypter le message que transportait un pigeon voyageur pendant la Seconde Guerre mondiale, selon la BBC. Des restes de l'animal, avec un étui rouge attaché à l'une de ses pattes, ont été retrouvés dans une cheminée du comté du Surrey, au sud de l'Angleterre à l'occasion d'un ramonage.







Le GCHQ a décidé de lancer un appel à témoins, dans l'espoir qu'un éventuel survivant de l'époque puisse l'éclairer. Ses ordinateurs se sont en effet révélés incapables de traduire le code. Un historien du GCHQ a d'ailleurs témoigné que «ce genre de messages utilisés lors d'opérations était conçu de manière à ce que seuls l'émetteur et le récepteur soient en mesure de le déchiffrer».






Un lien avec le Débarquement ?

Selon l'historien, une des hypothèses les plus probables est que les deux premiers des 27 blocs de lettres du message signifient «Dear Santa» (cher Père Noël). Mais il n'est pas exclu que le message ait été un entraînement à la transmission d'informations dans la perspective du Débarquement. Ce mode de communication était en tout cas assez fréquent pendant le conflit. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce sont pas moins de 250 000 pigeons voyageurs qui ont été utilisés
.







27 bloc de lettres composent ce message crypté (DOCUMENT BBC)

Le message n'a pu être crypté que de deux manières selon les spécialistes. Soit il était utilisé pour une opération particulière, et répertorié dans un livre le plus souvent détruit à la fin de l'opération. Soit le code était à usage unique pour deux personnes seulement. Dans ce cas, le secret du message s'est probablement envolé avec le pigeon qui le transportait.






LeParisien.fr

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Re: Trouvaille dans un conduit de cheminée.

Message  Invité le Ven 30 Nov - 21:08

En observant le type de codage du message , ça m'a fait penser au code allemand de la célèbre machine Enigma.
De ce fait , j'ai fait quelques recherches :

Tout d'abord une photo de la machine en question:








Enigma est une machine électromécanique portable d'origine allemande, faisant appel à des rotors montés sur cylindres pour le chiffrement et le déchiffrement de l'information. Plus précisément, Enigma est une famille de machines, car il en a existé de nombreuses et subtiles variantes.
Enigma fut commercialisée en Europe et dans le reste du monde dès le début des années 1920. Elle fut aussi adaptée pour une utilisation par les services militaires et diplomatiques de nombreuses nations.
Son utilisation la plus célèbre fut celle de l'Allemagne nazie et de ses alliés, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale, où elle était réputée inviolable par ses utilisateurs. Cependant, les cryptanalystes britanniques ont pu déchiffrer un grand nombre de messages qui avaient été chiffrés à l'aide d'Enigma, à la suite du travail des pionniers Marian Rejewski, Jerzy Rozycki et Henryk Zygalski, près de sept ans avant la guerre.
En effet, les cryptologues britanniques (reprenant les travaux commencés par leurs homologues polonais, transmis à l'ambassade de Grande-Bretagne deux jours avant l'invasion par l'Allemagne dont la Pologne avait été ainsi informée) furent, à plusieurs reprises et sur de longues durées, capables de déchiffrer les messages protégés par ces machines avec des bombes électromécaniques (voir Cryptanalyse d'Enigma). Les informations obtenues grâce à cette source leur donnèrent un net avantage dans la poursuite de la guerre. Il a été estimé que le conflit en Europe s'est considérablement écourté1 grâce à la cryptanalyse du code allemand, dans lequel le déchiffrement de messages émis à l'aide d'Enigma a joué une part importante (voir Ultra). Bien que la machine ait des faiblesses intrinsèques, les erreurs faites par les codeurs utilisant Enigma, ainsi que les piètres décisions politiques des autorités, ont aussi joué un rôle important en diminuant la complexité du déchiffrement des messages.
Enigma chiffre les informations en faisant passer un courant électrique à travers une série de composants. Ce courant est transmis en pressant une lettre sur le clavier. Après sa traversée dans un réseau complexe de fils, une lampe indique la lettre chiffrée. Le premier composant est une série de roues adjacentes, appelées « rotors », qui contiennent les fils électriques utilisés pour chiffrer le message. Les rotors tournent, variant la configuration complexe du réseau chaque fois qu'une lettre est tapée. Enigma utilise habituellement une autre roue, nommée « réflecteur », et un composant, appelé « pupitre de connexion », permettant de complexifier encore plus le processus de chiffrement.







Le clavier d'Enigma, capot fermé (gauche) et ouvert (droite), révélant les rotors et le compartiment de la batterie.
Enigma est une machine électromécanique, ce qui signifie qu'elle utilise une combinaison de parties mécaniques et électriques. La partie mécanique est composée d'un clavier, d'un jeu de disques rotatifs adjacents appelés « rotors » arrangés le long d'un axe, et d'un mécanisme entraînant en rotation un ou plusieurs des rotors chaque fois qu'une touche est pressée. Le mécanisme exact varie, mais la forme la plus commune est celle où le rotor du côté droit tourne chaque fois qu'une touche est pressée et où régulièrement les rotors voisins sont déplacés, de manière similaire au fonctionnement d'un odomètre. Le mouvement continu des rotors permet l'obtention de transformations cryptographiques différentes à chaque pression sur une touche. La partie électrique de l'appareil est constituée par une pile reliant les touches du clavier à des lampes. Lorsque que l'on appuie sur l'une des touches, l'une des lampes s'allume. Par exemple, lorsqu'un message commence par la séquence ANX..., l'opérateur presse la touche A et la lampe Z pourrait s'allumer ; dans ce cas, Z est la première lettre du texte chiffré. L'opérateur procède alors au chiffrage de la lettre N de la même manière, et ainsi de suite pour les lettres suivantes.

Chiffrement effectué par Enigma pour deux lettres consécutives — le courant passe à travers un assemblage de rotors, puis par le réflecteur et enfin à nouveau par les rotors. La lettre A est chiffrée de façon différente pour deux pressions consécutives sur cette même touche, la première étant chiffrée en G, la seconde en C dans cet exemple. Ceci est dû au fait que le rotor droit a tourné d'un pas entre les deux pressions de touche, conduisant à un circuit électrique totalement différent.





Schéma électrique complet montrant le chemin suivi par le courant : quand la touche « A » est pressée, la lampe « D » s'allume. De même, la lettre « D » est encodée en « A ». Par contre, la lettre « A » n'est jamais encodée en « A ».
Le courant part de la batterie et traverse l'interrupteur à deux positions contrôlées par la touche pressée. Il arrive alors au « pupitre de connexions ». Ce pupitre, situé sur la face avant de la machine, permet à l'utilisateur de facilement modifier les connexions entre le clavier et le disque d'entrée, afin de modifier l'encodage des touches. Le courant se dirige ensuite vers le disque d'entrée. Il parcourt alors l'assemblage des rotors, suivant la position de chacun de ceux-ci. Il passe ainsi de rotor en rotor, jusqu'à atteindre le réflecteur, qui renvoie le signal jusqu'au disque d'entrée, mais par un autre chemin que celui à l'aller (fait unique qui distingue la famille des machines Enigma des autres machines à rotors de l'époque qui ne disposaient pas de réflecteur). Le courant passe enfin par un autre des interrupteurs à deux positions, et allume l'une des lampes, correspondant à l'encodage de la touche pressée.
Les rotors



Les rotors (aussi appelés roues ou tambours — Walzen en allemand) forment le cœur de la machine Enigma. D'un diamètre d'environ 10 cm, chaque rotor est un disque fabriqué à partir de caoutchouc dur ou de bakélite. Sur une face sont disposés en cercle des contacts électriques à aiguilles, donc équipés de ressorts. Sur l'autre face, le même nombre de contacts plats sont disposés. Les contacts plats et à aiguilles représentent l'alphabet — généralement les 26 lettres (on fera cette supposition dans la suite de cette description, même si parfois des chiffres pouvaient être utilisés suivant le même principe).



Une face d'un rotor de la machine Enigma, montrant les contacts à aiguille. Le chiffre romain V sous la tête de vis en rouge indique le câblage interne du rotor.


L'autre face du rotor, montrant les contacts plats. L'encoche entraînant le mouvement du rotor est visible à la gauche.
Une fois les rotors assemblés, les contacts à aiguilles d'un rotor se positionnent en face des contacts plats du rotor voisin, formant ainsi la connexion électrique. À l'intérieur du rotor, un ensemble de 26 câbles électriques assurent les connexions entre les contacts à aiguilles et les contacts plats suivant un schéma compliqué, qui permet le chiffrement des lettres. Par exemple, sur un rotor particulier, le premier contacteur d'une face peut être relié au quatorzième contacteur de la face opposée, le deuxième contacteur relié au vingt-deuxième de l'autre face, et ainsi de suite. D'un rotor à l'autre, les connexions internes ne sont pas les mêmes. La version d'Enigma utilisée par l'armée allemande et le parti National Socialiste possède un jeu de rotors avec des connexions différentes des versions commerciales.
Le rotor utilisé tout seul ne réalise en fait qu'un chiffrement très simple — le chiffrage par substitution. Par exemple, le contact à aiguille correspondant à la lettre E peut être connecté sur la face opposée au contact plat de la lettre T. La complexité de la machine Enigma provient de l'utilisation de plusieurs rotors en série, généralement trois ou quatre, ainsi que le mouvement régulier de ces rotors. Lorsque 26 lettres ont été pressées, une came entraîne le rotor de la fente suivante et le fait tourner. L'alphabet de substitution est ainsi modifié à chaque pression de touche. Ces deux mécanismes forment un type de chiffrement beaucoup plus performant.

Assemblage de 3 rotors tels qu'ils sont une fois placés dans la machine Enigma.]



3 rotors de la machine Enigma et l'axe sur lequel ils sont assemblés.




Vue éclatée de l'assemblage des rotors de la machine Enigma.
1. Anneau encoché
2. Point indiquant le contact « A » pour l'assemblage
3. Roue de l'alphabet
4. Contacts plats
5. Connexions électriques
6. Contacts à aiguille
7. Anneau élastique de réglage
8. Moyeu
9. Roue dentée de positionnement manuel du rotor
10. Roue à rochet

Une fois installé dans la machine, un rotor peut donc être placé à l'une de ses 26 positions. Cela peut être réalisé manuellement par l'opérateur, au moyen de la roue dentée, ou automatiquement lors de la pression d'une touche du clavier. De telle façon que l'opérateur connaisse la position du rotor, chacun d'eux est équipé d'une « roue alphabet », comportant donc les 26 lettres de l'alphabet (ou 26 numéros) ; en fonctionnement, seule l'une d'entre elles peut être vue par une petite fenêtre, indiquant donc à l'opérateur la position exacte de chacun des rotors. Dans les premières machines Enigma, la « roue alphabet » était fixe sur le rotor. Une complication a été ajoutée dans les dernières versions, avec la possibilité de déplacer cette roue par rapport au rotor lui-même. La position de la roue se nomme le Ringstellung (« positionnement de l'anneau »).
Chaque rotor comporte enfin une encoche (parfois plusieurs), assurant le contrôle du mouvement du rotor. Dans les versions militaires de la machine Enigma, cette encoche est située directement sur la « roue alphabet ».
Les machines Enigma de l'armée et de l'aviation allemandes étaient équipées de nombreux rotors, trois exactement pour les premières versions. Le 15 décembre 1938, ce nombre fut porté à cinq, dont seulement trois étaient choisis pour être installés dans la machine. Chaque rotor était marqué d'un chiffre romain afin de pouvoir les distinguer : I, II, III, IV et V. Tous n'étaient équipés que d'une seule encoche. La version de la machine Enigma de la Kriegsmarine (marine de guerre allemande) a toujours été équipée de plus de rotors que les autres versions. Au départ, cinq rotors équipaient les machines, puis sept et finalement huit. Les rotors supplémentaires étaient numérotés VI, VII et VIII, et avaient donc des connexions électriques différentes des autres rotors. Ils étaient en outre équipés de deux encoches, ce qui entraînait donc une fréquence de rotation différente.
La machine Enigma de la marine (M4) comptait, elle, quatre rotors dans la machine à la place des trois des autres versions. Ceci fut possible sans modifier grandement la machine, en remplaçant simplement le réflecteur d'origine par un autre beaucoup plus fin et en ajoutant un rotor spécial en quatrième position. Ce quatrième rotor pouvait être de deux types : Beta ou Gamma. Il ne tournait cependant jamais automatiquement, mais pouvait être placé manuellement sur l'une de ses 26 positions par l'opérateur.





Le livre contenant les codes de configurations initiales.
Grâce à l'interconnexion aléatoire de chaque rotor, la séquence exacte de ces substitutions dépendait de la position initiale des rotors, de leur ordre d'installation, et du choix des rotors (câblage interne). Ces réglages appelés configuration initiale étaient inscrits dans un livre et changeaient une fois par mois au début de la Seconde Guerre mondiale. Ces changements devinrent de plus en plus fréquents jusqu'à devenir journaliers vers la fin de la guerre, voire plusieurs fois par jour sur certains réseaux.
Les versions les plus courantes d'Enigma sont dites symétriques dans le sens que le chiffrement et le déchiffrement de l'information fonctionne de la même manière. En effet, si l'on tape le texte chiffré dans Enigma, la séquence des lampes allumées correspondra au texte en clair. Mais cela ne fonctionne que dans le cas où la machine possède la même configuration initiale que celle qui a chiffré le message
Pour plus de détails sur le câblage des rotors et le réglage de l'anneau élastique ainsi que leurs effets sur le chiffrement, consulter (en) Enigma rotor details.

Afin d'éviter de réaliser un simple chiffrement par substitution monoalphabétique, chaque touche pressée sur le clavier provoque l'entraînement d'au moins un rotor, changeant ainsi la substitution alphabétique utilisée. Cela assure que la substitution est différente pour chaque nouvelle frappe sur le clavier, créant un chiffrement par substitution polyalphabétique.
C'est un mécanisme à base de roue à rochets qui était le plus fréquemment utilisé. À cette roue à 26 dents était associé un fin anneau métallique à encoche, solidaire du rotor. Chaque frappe de touche, via les cliquets, poussait sur la roue de chaque rotor pour la faire avancer d'un cran. Ce sont les anneaux métalliques qui permettaient ou non l'avancée des rotors. Pour qu'un rotor avance, il fallait que l'anneau du rotor à sa gauche présente une encoche alignée avec son cliquet. Le premier rotor n'étant pas bloqué par un anneau, il avançait d'un cran à chaque frappe. L'avancée des autres rotors dépendait du nombre d'encoches : une seule pour les rotors de type I à V, deux pour les rotors de type VI à VIII.
Position des encoches
Rotor Positions Effet

I Q la transition Q vers R provoque l'avancée du rotor suivant
II E la transition E vers F provoque l'avancée du rotor suivant
III V la transition V vers W provoque l'avancée du rotor suivant
IV J la transition J vers K provoque l'avancée du rotor suivant
V Z la transition Z vers A provoque l'avancée du rotor suivant
VI, VII et VIII Z et M une transition Z vers A, ou M vers N, provoque l'avancée du rotor suivant

Si les machines Enigma ne faisaient que cela, le rotor 1 avancerait de 26 crans pour provoquer une avancée du rotor 2, qui lui-même avancerait de 26 crans pour provoquer une avancée du rotor 3. Toutefois, le mécanisme incluait également « une double avancée ». L'alignement du cliquet avec une encoche lui permet de pousser sur la roue à rochet de son rotor, mais elle lui permet aussi de pousser sur l'encoche de l'anneau solidaire du précédent rotor. Ce sont donc à la fois le rotor du cliquet et le rotor de l'anneau qui avancent d'un cran. Pour une machine à trois rotors, seul le second est affecté par cette double avancée (le premier rotor avance à chaque tour de toute façon). C'est cela qui fait dévier l'entraînement des rotors de l'Enigma de celui d'un odomètre.
Avec trois rotors et une seule encoche pour les rotors 1 et 2, une Enigma a une période de 26×25×26 = 16 900 ( et non pas 26×26×26 à cause de la double avancée). Historiquement, les messages étaient limités à quelques centaines de lettres évitant toute chance de répétition de combinaisons des rotors, empêchant par là-même les cryptanalystes d'accéder à des indices importants.
La frappe d'une touche provoquait d'abord une avancée sur les rotors et ensuite seulement une connexion électrique.

Le disque d'entrée (Eintrittswalze en Allemand) réalise la connexion entre le pupitre de connexions (ou le clavier pour les modèles ne possédant pas de pupitre de connexions) et l'ensemble constitué par les rotors. Bien que le câblage utilisé dans le disque d'entrée soit d'une très faible importance pour la sécurité, cela s'avéra être un obstacle pour le cryptanalyste polonais Marian Rejewski lors du calcul du câblage des rotors. Alors que la version commerciale d'Enigma reliait les touches dans leur ordre sur le clavier (QWERTY), les versions militaires les reliaient dans l'ordre alphabétique (ABCDEF). Rejewski dut faire quelques suppositions pour comprendre la modification avant de pouvoir résoudre les équations.

À l'exception des machines Enigma modèles A et B, le dernier rotor était suivi d'un réflecteur (Umkehrwalze en allemand, signifiant rotor d'inversion), une caractéristique des machines Enigma par rapport aux autres machines à rotors de l'époque. Le réflecteur connecte les sorties du dernier rotor par paire, redirigeant le courant dans les rotors selon un chemin différent. C'est ce réflecteur qui garantit le caractère involutif de l'Enigma : chiffrer est identique à déchiffrer, comme pour le chiffrement par masque jetable. Cependant, le réflecteur empêche également l'Enigma de substituer une lettre à elle-même dans le texte chiffré. C'est une faille majeure qui a été utilisée par les cryptanalystes.
Dans la version commerciale qu'est le modèle C, le réflecteur pouvait être inséré dans deux positions. Dans le modèle D, il pouvait l'être dans 26 positions, mais restait fixe. Dans la version utilisée par l'Abwehr, il était entrainé par un mécanisme semblable à celui des rotors.
Dans les versions pour l'Armée de terre et Armée de l'air, le réflecteur était fixe. Le réflecteur existait en quatre versions. La version d'origine, dite A, fut remplacée par l' Umkehrwalze B le 1er novembre 1937. Une troisième version, l' Umkehrwalze C, fut brièvement utilisée en 1940, peut-être par erreur, et fut cassée par la Hutte 6 de Bletchley Park. La quatrième version, détectée pour la première fois le 2 janvier 1944, avait un réflecteur reconfigurable dénommé l' Umkehrwalze D permettant à un opérateur de modifier les connexions pour la mise à la clef.

Le codage de chaque lettre par Enigma peut être considéré mathématiquement comme un produit de permutations. Considérons en effet une machine Enigma de l'armée de l'Air/ Marine allemande. Soit la transformation réalisée par le clavier, le réflecteur, et et les actions des rotors de gauche, du milieu et de droite respectivement.

Après chaque action sur une lettre du clavier, le rotor tourne, changeant ainsi la transformation cryptographique. Par exemple, si le rotor de droite tourne de positions, le codage devient , avec désignant la permutation circulaire permettant de passer de à , de à et ainsi de suite. De même, le rotor du milieu et celui de gauche peuvent être décrit par et rotations de et . Le codage peut alors s'écrire de la façon suivante :

Histoire d'Enigma:

Enigma est développée par Arthur Scherbius à partir de 1919. Il fonde une société à Berlin qui produit et vend la première version commerciale (Enigma-A) en 1923. Trois autres versions commerciales vont suivre, et l'Enigma-D devient le modèle le plus répandu après son adoption par la Marine allemande en 1926. L'appareil est ensuite repris par l'armée de terre allemande en 1929. À partir de ce moment, son usage est étendu à toutes les forces armées allemandes et une grande partie de la hiérarchie nazie. La Marine allemande surnomme Enigma « la machine M ».
Pendant la Seconde Guerre mondiale, différentes versions d'Enigma sont utilisées pour les transmissions allemandes (mais aussi celles d'autres puissances de l'Axe) à partir du niveau division et au-dessus. Certains bulletins météos sont cryptés avec Enigma. Les Espagnols (lors de la guerre civile espagnole) puis les Italiens (pendant la Seconde Guerre mondiale) utilisent une des versions commerciales de la machine, inchangée, pour leurs communications militaires. Cette imprudence bénéficie aux Britanniques. Cela contribue à la victoire britannique face à la flotte italienne au cap Matapan.
Le chiffre Enigma avait été pénétré dès 1933 par des mathématiciens polonais (Marian Rejewski, Jerzy Różycki et Henryk Zygalski) aidés de moyens électromécaniques (surnommés « bombes de Rejewski »). Le Deuxième Bureau français achète à Hans Thilo Schmidt, fonctionnaire du ministère de la guerre à Berlin, le manuel opérateur Enigma ("l'Enigma de papier") et une quantité de documents aussitôt transmis aux Polonais.
Dès 1938, le service anglais du Chiffre aidé par les apports français et polonais entre en lice. En de nombreuses occasions, les Allemands renforcent la sécurité d'Enigma. Au prix de mille difficultés, les Anglais reconstituent les réglages et parviennent petit à petit à décrypter un nombre croissant de messages, malgré de longues périodes de trous noirs. À la fin de la guerre, Rejewski, qui croyait que ses travaux n'avaient servi à rien, fut impressionné.

La Royal Navy organise plusieurs coups de main contre des chalutiers armés et des navires-météo. Des équipes de prise montent à bord de sous-marins abandonnés par leur équipage. A chaque fois, des manuels et des documents sont capturés. Un exemple: le 9 mai 1941, l' U 110 est pris par les marins du destroyer HMS Bulldog qui ramènent un jeu de tables de bigrammes, le manuel utilisé pour chiffrer les rapports météo et le manuel utilisé pour chiffrer les messages courts.
Il ne suffisait pas de décrypter les signaux de l'ennemi : il fallait aussi qu'il ne se doute de rien, faute de quoi la sécurité de ses transmissions aurait été renforcée. Par exemple, l'attaque de chaque navire allemand repéré était donc en principe précédée de l'envoi d'un avion de reconnaissance censé passer là « par hasard ». La frappe pouvait ensuite être effectuée sans trop intriguer l'amirauté allemande.
La machine de codage britannique Typex et plusieurs des machines américaines comme par exemple SIGABA, le M-134-C ou le TSEC/KL-7 connu sous le nom de code ADONIS, utilisées par les forces de l'OTAN, fonctionnaient selon des principes analogues à ENIGMA, mais de manière beaucoup plus sûre. La première machine à cylindres chiffrants moderne d'Edward Hebern est considérée comme moins sûre, un fait noté par William F. Friedman lors de son acquisition par le gouvernement américain.

L'utilisation de plusieurs rotors par Enigma fournit une manière simple pour déterminer quel alphabet de substitution est utilisé pour chiffrer ou déchiffrer une lettre particulière. Cependant, contrairement à la plupart des variantes du chiffrement polyalphabétique, Enigma n'a pas une clé à proprement parler. En effet, ces rotors produisent un nouvel alphabet de substitution à chaque pression de touche. De plus, la séquence de ces alphabets de substitution peut être complètement changée en faisant tourner l'un ou plusieurs des rotors à la main, en changeant l'ordre des rotors, etc. avant de commencer à utiliser Enigma. De manière plus simple, on peut dire qu'Enigma possède une banque de 26 × 26 × 26 = 17 576 alphabets de substitution pour toute combinaison de trois rotors. La séquence d'utilisation de ces alphabets varie selon que l'on met les rotors en position ABC, ou ACB, etc. Et tant que le message ne dépasse pas 17 576 caractères, il n'y a aucune répétition de l'alphabet de substitution. Pourtant, cette « clé » peut être communiquée de manière très facile à un autre utilisateur : il s'agit de valeurs très simples, du type numéro de rotors, position de l'anneau et position de départ.
Exemple de messages Enigma originaux:

Le contenu du texte clair est en allemand. Les numéros de messages ont été ajoutés par les services d'interception britanniques. Ce message a été chiffré par une Enigma à trois rotors, car il y a une série de 3 lettres codées, répétée deux fois pour parer l'éventualité d'une mauvaise réception (les lettres changent car les rotors ont tourné): les lettres indiquaient la position de départ des rotors pour décoder le message, et la position des rotors avant d'écrire ce changement de code était prescrite dans des livrets distribués à tous les communicateurs radio allemands (pour pouvoir décoder ces lettres ).
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QSDCK HQOGN OSAIC GADNM
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HXZNE KOOMV SOLLS NDDGR
RXPMS GFOPY SJFSY SBYBS
CSKDP IOBQM HSFKV MCSMD
HYJNO CHB
Commande crypt

Voilà , j'espère que vous n'avez pas trop mal à la tête...lol
C'est long mais tellement intéressant !
Quel ingéniosité tout de même pour l'époque !!!!!

Lipton. smiley_101èm

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Re: Trouvaille dans un conduit de cheminée.

Message  ruppert le Dim 2 Déc - 8:43

eh bien sacrée hostoire que celle du pigeon
merci a toi de nous les faire partager
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ruppert
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Re: Trouvaille dans un conduit de cheminée.

Message  Invité le Dim 2 Déc - 20:52

De rien Ruppert !
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Re: Trouvaille dans un conduit de cheminée.

Message  Bobabs le Dim 2 Déc - 22:58

Merveilleuse histoire de pigeons, héros durant la guerre et super exposé sur la machine Enigma !!
J'ai vu aussi un repportage sur ce sujet. Un énorme boulot de ta part mon amis Phil, et un grand merci pour ce partage.
:respect_2:

Bob country_france Smiley_4èm

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Re: Trouvaille dans un conduit de cheminée.

Message  Invité le Mar 4 Déc - 10:28

Pas de quoi Bob , c'est toujours un plaisir ! Smiley_4èm smiley_101èm
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Re: Trouvaille dans un conduit de cheminée.

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