D-DAY - NORMANDIE 44
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Les résistants Normands Région St Lô

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Les résistants Normands Région St Lô

Message  Bobabs le Jeu 14 Fév - 17:12

country_france Le maquis de Beaucoudrey Villebaudon (Région St Lô) country_france

6 juin 1944 :

Message du Général de Gaulle sur les ondes de la B.B.C : La bataille suprême est engagée. Les groupes de résistants avaient été informés la veille de l'imminence du débarquement. Les anciens se souviennent des messages comme " L'appel du laboureur dans le matin brumeux " ou " il fait chaud à Suez ". Par le truchement de ces messages, les résistants recevaient l'ordre de passer à l'action sur l'ensemble du territoire national occupé.

Le plan VIOLET de sabotage des installations de communications fut mis en application dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. " Résistance P.T.T. " , dont un des responsables nationaux, Ernest Pruvost s'était réfugié à Villebaudon chez Mr A. Fillâtre (Auguste ou Alphonse les sources divergent), participait au mouvement de sabotage des installations téléphoniques allemandes.

Vague après vague, l'armée de la libération prenait pied sur le rivage au prix de pertes énormes. La résistance, au prix de douloureux efforts, apportait sa part de drames. S'ensuivit celui des maquis de Villebaudon - Beaucoudray qui est relaté ici.



Planbeau

Le maquis de Villebaudon Beaucoudrey :

Dès le mois de septembre 1941, l'ossature du maquis était en place sous l'impulsion d'Henri Le Veille, responsable de la résistance normande. L'action principale, dès le début, fut le recrutement d'hommes ayant l'unique souci de résister à l'occupant par tous les moyens en leur possession et avec mission de fournir des renseignements sur les mouvements de troupes ennemies et sur leurs télécommunications. En 1942, une toile d'araignée était tissée, et permettait le déchiffrement des messages codés échangés entre les unités occupantes.

Au fil des années, le groupe de résistants s'étoffa. L'effectif était de 50 personnes environ au plan départemental, début 1944.

A la même époque, Ernest Pruvost, responsable national, est dépisté par la Gestapo. Il doit donc quitter le ministère à Paris et se réfugier à Villebaudon chez A. Fillâtre. Il est remplacé par Maurice Horvais, avec lequel il se tient en liaison par l'intermédiaire de Crouzeau et Marcel Richer. Pruvost veut que les groupes P.T.T. de la Manche soient
Dans la petite ferme isolée se retrouvent :

René Crouzeau, Inspecteur du service technique
Étienne Bobo, contrôleur des installations électromécaniques*
Marcel Richer, agent des installations
Raymond Robin, mécanicien dépanneur
Jean Sanson et Maurice Deschamps, commis
Auguste Lerable, Auguste Raoult et Auguste Sénécal, agents des lignes

Bientôt rejoint par la section O.C.M. d'Alphonse Fillâtre qui groupe des résistants de la région de Percy, Villebaudon, Villedieu et d'ailleurs. Abdon, Le Couturier, Hamel, Albertini, Guy, Patin et Martin, auxquels vient fréquemment rendre visite une institutrice, Mme Leblond.

Le petit groupe auquel doit parvenir des renforts et qui a l'ordre d'attendre un message lui indiquant où et comment il doit venir en aide à des troupes aéroportées, organise donc sa vie

Lerable est cuisinier, Sanson s'occupe des armes et tous s'y intéressent. Un tour de garde est établi et 2 hommes font constamment le guet ; un jour, une lampe du poste récepteur de radio claque, Mr Haupais, cultivateur voisin, prête le sien. 8 jours s'écoulent sans incident, puis d'un seul coup, le 14, le drame éclate.

14 juin 1944 :

Peu avant midi, une auto montée par 2 allemands arrive à proximité du refuge, puis repart rapidement, comme si le chauffeur s'était trompé de chemin ; pas un homme n'a bougé ; les allemands, pense t-on n'ont rien vu.

Soudain c'est l'attaque ; venant de 3 côtés à la fois, des soldats armés se dirigent vers la ferme ; Robin qui était de faction au chemin principal est capturé et ne peut prévenir personne ; derrière la maison, du côté du bois, Richer qui vient de se lever prend le frais, Deschamps et Guy ramassent des branches sèches ; Pruvost, Alliet et Sénécal sont également dehors, de même que Raoult de faction, les autres, à l'exception d'Abdon, qui revient de Villebaudon, en compagnie de sa femme, sont dans la salle commune (Abdon qui apportait dans une brouette divers ustensiles de ménage fut arrêté par les allemands auxquels il expliqua qu'il était sinistré de Saint-Lô et ne fut pas inquiété).

Puis la fusillade crépite ; ceux de l'intérieur sont mis hors d'état de nuire avant d'avoir pu réaliser ce qui leur arrivait ; les autres prennent la fuite ; le malheureux Guy blessé, tombe et il est capturé ; par une chance inouïe, ses camarades ne sont pas touchés. Nul ne sait ce qui s'est ensuite passé. Nous pouvons imaginer qu'ils subirent un interrogatoire en règle ; qu'ils subirent des violences puisque, lors de leur exhumation, quelques-uns portaient des brûlures et qu'un autre avait des côtes brisées ; mais, nous pouvons être sûrs qu'ils n'ont pas parlé car pas un seul des rescapés n'a été inquiété.

6 corps ont été retrouvés dans une fosse, 5 dans l'autre ; tous à l'exception de Guy blessé, avaient les mains attachées avec du fil de fer et c'est une balle dans la nuque qui a mis fin à leur vie d'hommes loyaux et droits ayant choisi avec simplicité la route la plus rude et la plus belle : celle de l'honneur.

Sources : http://beaucoudray.free.fr/
dont :
Résistance dans les PTT
La résistance Normande face à la Gestapo
La résistance dans le bocage Normand
Historique canton de Tessy sur Vire (André Hardel)
Du bagne français au bagne nazi : 1941 - 1945 (Abbé David, curé de Villebaudon armés ; il réclame donc du matériel auprès de Londres Mais les Britanniques refusent d'homologuer le terrain proposé, car il se trouve à moins de 35 km des côtes (règle pour les services Britanniques). Or, le département de la Manche est une presqu'île de 60 kilomètres de large ! Le cas paraît insoluble. C'est alors que, par le truchement du Dr Lebrun, de Tessy sur Vire, ancien aviateur démobilisé, un champ est retenu dans le Calvados, à Sainte-Marie-Outre-l'Eau, près de Pont-Farcy, à la limite du département. Le message " aimer, c'est vivre " qui annonce le parachutage, ne se fait entendre que le 9 mai au soir. L'opération est donc prévue pour la nuit ; elle tombe on ne peut plus mal, car toutes les routes sont étroitement surveillées : le Maréchal Rommel est précisément en tournée d'inspection dans le secteur (il dort à Saint-Lô cette nuit là).

Malgré les risques énormes, Crouzeau fait sortir un camion à gazogène du garage. Quelques agents sont alertés et grimpent avec leurs bicyclettes, prévues pour le retour, dans le véhicule piloté par Robin. L'équipe parvient sans encombre sur les lieux, où elle est rejointe par le groupe Fillâtre. Vers une heure du matin, 3 tonnes d'armes sont parachutées, ramassées et transportées vers des caches sûres. Une partie est amenée à Beaucoudray (petit village entre Percy et Tessy, à 25km de Saint Lô) , dans une ferme inhabitée (la ferme du village du bois), perdue à l'extrémité d'un dédale de chemins vicinaux. L'autre partie est stockée au magasin de Saint-Lô, à l'atelier de menuiserie. Les jours suivants, commence l'instruction au maniement de l'armement et les postiers se familiarisent avec les mitraillettes, grenades et explosifs, dans le magasin de réserves, alors que les allemands occupent le bâtiment voisin !

5 juin 1944 au soir :

La B.B.C. égrène les séries de messages annonçant le débarquement : " Il fait chaud à Suez " ; " Les dés sont sur le tapis " ; " Le chant du laboureur dans le matin brumeux ", indiquent aux francs-tireurs que l'action immédiate doit commencer. Aussitôt, dès la nuit même, les lignes sont coupées, les câbles détruits, les postes ennemis sabotés, puis les hommes se dispersent. Un certain nombre, sous la direction de Richer et de Crouzeau, prennent le maquis et se regroupent à l'endroit prévu le 6 au matin : la ferme du village du bois à Beaucoudray. Ravitaillés par un grand patriote, A. Fillâtre, ainsi que par Mlle de Saint-Jores, les hommes organisent leur nouvelle vie. Les actions se succèdent, les armes sont rassemblées en vue d'une attaque d'envergure qui doit être menée en coopération avec les formations résistantes voisines et dont le feu vert sera donné par le message : " Quelle ne fut la surprise ". L'une de ces formations, celle de Torigni sur Vire, dirigée par le commandant Hamel et le capitaine Léon Lemoine entretient une liaison journalière établie par Maurice Loridant. Elle a déjà beaucoup souffert de la répression car, en Mars, le 13, une série d'arrestations la décime. Ses chefs sont appréhendés et incarcérés à Saint-Lô ; ils trouveront la mort lors des bombardements ...


Tract

Une page d'histoire de la Résistance française ou Comment meurt un réseau...

Le 15 juin 1944, en bordure d'un herbage du bocage, sur le territoire de la petite commune de Beaucoudray, dans l'aube fraîche d'un des plus longs jours de l'année, onze membres du réseau P.T.T. de Saint-Lô tombent sous les balles allemandes. Ainsi s’achève, tragiquement l’action préparée de longue date, mise en application dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 dans le cadre du Plan VIOLET, de sabotage systématique des installations téléphoniques allemandes. Action qui aurait du se poursuivre en arrière des lignes ennemies mais que l'absence de moyens en hommes et surtout en matériel devait rendre impossible.
D'autres ont écrit longuement quelle a pu être l'action du groupe de résistants - créé à Saint-Lô dès la fin de 1940 par Marcel Richer - résistants recrutés plus spécialement au sein des postiers - qui devait dans un premier temps consister à informer les alliés sur la consistance du réseau de défenses allemandes - postes de guet, batteries de D.C.A., mouvements de troupes - puis action de sabotage - enfin aide technique et armée en arrière des lignes allemandes lors de la percée du front. Un renfort de parachutistes devait permettre une telle action concertée.
Malheureusement, les renforts tant attendus du Spécial A.I.R. Service ne vinrent pas. Les Postiers, isolés dans la ferme du village Le Bois où ils s'étaient réfugiés après avoir coupé les grands câbles allemands, furent réduits à l'attente. La percée du front ne se produisait pas...
Les bavardages, des indiscrétions et peut-être des inattentions permirent à un groupe de non-combattants allemands, séjournant au village tout proche de la Réauté, de prendre en filature de jeunes hommes qui étaient bien loin d'avoir le comportement des villageois.
À la pointe du jour, le 14 juin, une patrouille moto allemande pénétrait jusqu'à la ferme où les hommes du maquis passaient la nuit. Il n'y eut aucune réaction. Une erreur, des hommes égarés... faux... à 10 h 30 les non-combattants appuyés par des S.S. arrivaient en force, mitrailleuse en batterie. La ferme était rapidement cernée. Un maquisard, qui montait la garde, surpris, était maîtrisé. Il en était de même d’hommes qui se trouvaient à l’intérieur et préparaient le repas du midi. Des coups de feu claquèrent. Guy, un résistant, tombait, une balle dans la cuisse. Ernest Pruvost le responsable national, qui finissait de se raser dehors, parvenait à se fondre dans l'abondante végétation qui alors entourait la ferme. Il en était de même de trois autres : Richer, Deschamps, Raoult...
Crouzeau sommé de lever les bras, parvenait avec son colt à abattre son adversaire mais devait se rendre à son tour. Il aura le pénible privilège d’être considéré comme le chef. Après de longues interrogations et des tentatives pour sauver ses hommes, Crouzeau déclarera très nettement à ceux qui le questionnent " nous sommes contre vous "...
Mme Leblond qui, accompagnée de son fils avait la lourde tâche de surveiller les abords de la ferme était également longuement interrogée ainsi que son fils alors âgé de 11 ans. Ils échapperont, par on ne sait quelle grâce inattendue, à l’exécution.
Conscients que le groupe était beaucoup plus étoffé que prévu, que de nombreux habitants de la contrée sont impliqués dans l'affaire, les Allemands se mirent en chasse, bouclant toute la région, interrogeant sans relâche toute personne rencontrée considérée comme " Suspecte ".
C'est ainsi qu'Alphonse Fillâtre et son épouse accompagnés d'une jeune parente avertis in extremis par un jeune garçon des environs Bernard Lalle parvinrent à tromper la vigilance nazie et celle des chiens lancés à leur recherche.
Mais toutes les recherches se révélèrent sans résultat. Aucun autre résistant ne devait être retrouvé. Mais le réseau ne se reconstituait-il pas ? Les parachutistes n'allaient-ils pas fondre du ciel pour sauver les résistants ? Il fallait en finir. Après une rude journée ou l'aviation alliée s’était montrée particulièrement active, les allemands décidèrent à la tombée de la nuit de transférer leurs prisonniers au village de la Réauté. Ils furent enfermés sous une garde très vigilante dans une écurie.
15 juin - 4 h du matin - un camion qui démarre brutalement - des ordres gutturaux. Quelques minutes encore - une longue rafale de mitraillette dans l'aube qui se lève - onze hommes ont cessé d'exister.
Les corps des malheureux seront retrouvés à la Libération début août : 4 d'un coté, 7 de l'autre, à l'emplacement exact où se dresse le monument. Ils étaient attachés deux par deux. Sur l'un on retrouvera le brassard F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur), marque illusoire de l’adhésion de l'homme à l'armée des ombres que l'allemand ne respectera jamais.
Chaque année, le premier dimanche qui suit le 15 juin, une foule, toujours nombreuse, assiste à la cérémonie commémorative. Peut-être pour illustrer la phrase du poète :
" ... Ou je meurs renaît la Patrie "






Le monument des fusillés a été inauguré en juin 1947. Le général de Gaulle y a prononcé un discours en juin 1953.

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